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  • Augereau Antoine, vers 1485-1534

    Graveur de poinçons, imprimeur et libraire à Paris (Poitou, vers 1485- Paris, 24 décembre 1534), maître de Claude Garamont.

    Originaire du Poitou, mais fixé à Paris dès le début du XVIe siècle, il a d'abord exercé la gravure de lettres. Ses trois corps de caractères romains (Gros Romain, Saint-Augustin, Cicero) s'inspirent de ceux qu'avait gravés Alde Manuce à Venise à la fin du XVe siècle et contribuent à instaurer en France une nouvelle esthétique de la lettre. On connaît de lui trois séries de romains, dont l'une de 1532 qui s'inspire des caractères gravés par Francesco Griffo et que Claude Garamont, plus tard, retaillera en l'affinant. En tant qu'imprimeur, Augereau produit plus d'une quarantaine de beaux ouvrages des humanistes et érudits de son temps. En 1533, il publie un ouvrage sur l'orthographe du français dans lequel il est pour la première fois fait une utilisation moderne de l'accentuation. Impliqué dans l'affaire des Placards, tracts apposés durant la nuit du 17 au 18 octobre 1534 au château d'Amboise, et considéré comme suspect par les théologiens, il est arrêté, pendu et brûlé place Maubert, le 24 décembre de cette même année.

  • Bade Josse, 1461 ou 1462-1535

    Imprimeur, éditeur humaniste (Gand ?, 1461 ou 1462 – Paris, décembre 1535)

    Originaire probablement de Gand et formé chez les Frères de la Vie commune et à l'Université de Louvain, il s'installe à Lyon en 1492 et travaille chez l'imprimeur Jean Treschel, comme correcteur et « directeur littéraire ». En 1499, il mène à Paris une carrière d'érudit avant d'ouvrir son propre atelier d'imprimerie en 1503 « In aedibus Ascensianis » et y exerce comme imprimeur et libraire jusqu'à sa mort en décembre 1535.

  • Barbé Jean, -1547

    Imprimeur et marchand-libraire (- Paris, 1547).

    Bourgeois de Paris, il exerça pendant deux années seulement, en 1545 et 1546. Au cours de la première année de son exercice, il s’associa avec Claude Garamont. Il le fit également avec Jacques Gazeau, dont la femme était une Barbé et devait être à sa sœur. Il figure dans ces associations tantôt comme libraire et tantôt comme imprimeur. En 1545, il imprima les deux premiers livres de l’Architecture de Sebastiano Serlio. Une dernière édition préparée par ses soins paraît en 1547 pour le compte de sa veuve et de ses héritiers.

  • Budé Guillaume, 1468-1540

    Promoteur du Collège des « lecteurs royaux » (Paris, 1468 – Paris, 14 août 1540)

    Fils de Jean Budé, secrétaire du roi et audiencier en la grande Chancellerie de France, Guillaume Budé se rend célèbre comme helléniste et comme un des grands humanistes du premier XVIe siècle. Prévôt des marchands de Paris en 1522, il est nommé la même année maître de la Librairie royale : il fait rechercher des manuscrits, notamment grecs, qui lui furent envoyés d'Italie ou de l'Empire ottoman. Auteur en 1513 du De Asse et partibus ejus, il est l'instigateur de la création du collège des « lecteurs royaux » en obtenant en 1529 que son élève Jacques Toussaint soit nommé lecteur du roi pour le grec.

  • Chevallon Claude et Guillard Charlotte,

    Claude Chevallon, libraire et imprimeur jusqu’en 1537 ; Charlotte Guillard, épouse de Claude Chevallon, imprimeur de 1537 à 1557.

    Claude Chevallon débute sa carrière comme simple libraire à l’enseigne du Saint-Christophe, rue Saint-Jean-de-Latran. Il devient imprimeur en 1520, lorsqu’il épouse Charlotte Guillard, la jeune veuve du libraire Berthold Rembolt. À partir du milieu des années 1520, le couple fait fortune en publiant d’imposantes éditions des Pères de l’Église grecs et latins, concurrençant ainsi les remarquables publications bâloises de l’atelier de Froben. Après la mort de Claude Chevallon, en 1537, Charlotte Guillard administre seule son entreprise pendant près de vingt années jusqu’à sa propre mort en 1557. Elle n’aura jamais d’enfant, ni de son premier mari (Berthold Rembolt), ni du second (Claude Chevallon). Mais elle transmettra son expérience, son atelier et sa fortune à ses neveux et nièces parmi lesquels on compte les libraires Jacques Bogard, Sébastien Nivelle, Guillaume Desboys et Guillaume Guillard. Le Memorandum de Guillaume Le Bé nous apprend qu’à la fin des années 1530, Claude Garamont exerce son métier dans l’atelier du Soleil d’Or chez Claude Chevallon, qui meurt en 1537, puis chez la veuve de celui-ci, Charlotte Guillard.

  • Colines Simon de , 1480-1546

    Libraire-juré, imprimeur et graveur (Champagne, vers 1480 – Paris, avant le 20 juin 1546) « Castigat Stephanus, sculpsit Colinoeus, utrumque Gryphius edocta mente manuque facit » Estienne corrige, Colines a gravé, Gryphius [ou Gryphe] fait l’un et l’autre avec esprit et habileté

    Imprimeur très expérimenté de livres scientifiques, soucieux de la qualité de ses impressions, Simon de Colines a commencé sa carrière comme graveur de caractères dans l’imprimerie de Henri Ier Estienne, dont il épouse en 1520 la veuve, Guyonne Viart, veuve déjà de l’imprimeur Jean Higman. Il transmet en 1526 la maison de Henri Estienne à son beau-fils, Robert Estienne. Conservant le fonds et la majeure partie du matériel, il s’établit un peu plus bas dans la même rue Saint-Jacques. Il remplace en 1527 les lapins (conils) qu’il avait adoptés comme marque par le Temps. Il cède en 1539 sa librairie à Regnault Chaudière, l’un des gendres de sa femme et transporte son imprimerie rue Saint-Marcel. Il meurt en 1546, sans enfants.

  • Duchâtel Pierre, vers 1480-1552

    Maître de la librairie en 1540 (Arc-en-Barrois, vers 1480-Paris, 1552)

    Né à Arc-en-Barrois, il étudie à Dijon et voyage en Allemagne. Il commence sa carrière sous la protection d'Érasme et travaille chez Froben à Bâle. En 1537, il devient lecteur personnel du roi – ce qui lui donne la haute main sur la corporation des lecteurs royaux dont il fut l'avocat efficace. Conseiller et aumônier ordinaire du roi et familier de Marguerite de Navarre, il est évêque de Tulle en 1539, de Mâcon en 1544 puis d'Orléans en 1551. Brillant helléniste, c’est un homme éclairé et tolérant. Après la mort de Claude Garamont, tailleur et fondeur de caractères, qui s'engageait à graver des poinçons de caractères grecs à raison de 22 sols tournois l'unité, payables sur la cassette royale.

  • Estienne Robert, 1503-1559

    Robert Estienne (Paris, 1503-Genève, 1559), lexicographe et éditeur des textes bibliques, fut le plus illustre imprimeur parisien de la première moitié du XVIe siècle.

    Fils, beau-fils, gendre, frère et beau-frère d'imprimeurs, Robert Estienne hérita d'une bonne situation. Deuxième fils d'Henri Ier, formé par Simon de Colines et Josse Bade, premier beau-père. En 1539, il est nommé imprimeur du roi François Ier pour les lettres hébraïques et latines et en 1540, imprimeur du roi pour le grec (son maître est Jean Lascaris, « Rhyndacenus »). C'est précisément pour l'édition de ses collections grecques qu'il confie à Claude Garamont le soin de graver les Grecs du Roi. L'atelier, partagé avec son beau-père Simon de Colines jusqu'en 1526, atteignit son apogée dans les années 1530, avec notamment des éditions savantes de la Bible et des auteurs latins, mais aussi des dictionnaires et des travaux sur la langue latine et française. Désigné comme imprimeur du roi par François Ier qui le protégeait, il fit graver par Garamont, d'après les dessins d'Ange Vergèce et sur ordre du roi, les magnifiques caractères dits Grecs du Roi. En relation avec les humanistes de toute l'Europe, Robert Estienne prit le parti de la Réforme et acheva sa carrière à Genève. Ayant déshérité ceux de ses fils restés catholiques, il laissa son atelier à son fils Henri.
    Généalogie

  • Gagny Jean de, fin XVe siècle-1549

    Aumônier du roi François Ier et commentateur de nombreux textes bibliques.

    Prêtre, docteur en théologie, helléniste, hébraïsant, chanoine de la Sainte-Chapelle, grand aumônier du roi François Ier et commentateur de nombreux textes bibliques, il a fondé sa propre imprimerie, a fait graver ses caractères et a importé les livres des successeurs d’Alde Manuce. Philologue et humaniste, il devint en 1546 chancelier de l’Université de Paris.

  • Gaultier Pierre, -1562

    L'imprimeur des éditions auxquelles Claude Garamont participe (– Paris, 1562)

    Fondeur de caractères et imprimeur à Paris de 1537 à 1562, il est qualifié fondeur dans son contrat de mariage en 1537. Son nom ne paraît comme imprimeur qu’en 1541 et l'impression des éditions auxquelles Claude Garamont participe, lui est régulièrement confiée : neuf éditions paraissent ainsi en 1545, dont six in-16.

  • Gering Ulrich, XVe siècle-1510

    Proto-typographe parisien (Beromünster, Suisse, XVe siècle - Paris, 23 août 1510)

    Premier imprimeur ayant exercé en France de 1470 à 1508, il arriva à Paris en 1469 avec Michel Friburger et Martin Crantz, il fonda avec eux la première imprimerie en France, « In Parisiorum Sorbona » et resta actif jusqu’en 1508, puis mourut en 1510, laissant Berthold Rembolt seul au Soleil d’Or. Gering et ses premiers associés avaient obtenu des lettres de naturalisation en février 1475.

  • Granjon Robert, 1513-1590

    Libraire-imprimeur-juré (1513-1590)

    Né dans une famille d’imprimeurs et typographes, Robert Granjon est reçu libraire-imprimeur-juré à Paris, en 1523. Il commence à graver ses propres caractères romains et italiques inspirés des types d’Estienne à partir de 1543. Installé à Lyon, dans les années 1550, il épouse la fille du célèbre graveur Bernard Salomon et collabore avec Jean I de Tournes. Il y conçoit un étonnant caractère qu’il dénomme « lettre française », qui semble issu d’une volonté de compromis entre la cursive gothique et l’italique, et qui sera popularisé sous l’appellation de « caractère de civilité ». De 1563 (ou 65) à 1570, il grave de nombreux types pour Christophe Plantin, notamment des adaptations en petits corps de caractères de Garamont, et vit la plupart du temps à Anvers, tout en séjournant à Francfort et Genève. Puis, il rejoint le Vatican, où il demeure jusqu’à sa mort (1578-1590). Responsable de la fonderie de caractères de l’imprimerie du Vatican et de l’imprimerie des Médicis, cette dernière se consacrant plus particulièrement à la parution d’ouvrages dans les langues orientales, il y grave une importante série de poinçons d’alphabets arabe, arménien, hébreu et syriaque. Ses réalisations, proches de celles de Garamont, mais plus remarquables encore dans le registre des italiques constituent une manière de perfectionnement du modèle d’Estienne. Elles connaissent une diffusion internationale, portée par la contre-réforme catholique, laquelle entend réaffirmer l’hégémonie intellectuelle et culturelle de l’Église en Europe par le biais de l’imprimé et renforcer l’évangélisation en terres d’Orient.

  • Gutenberg Johann, vers 1399-1468

    Imprimeur rhénan, inventeur de la typographie occidentale (Mayence, vers 1399 - Mayence, février 1468).

    Orfèvre et ingénieur né d’une famille patricienne de Mayence, Johannes Gensfleisch zur Laden zum Gutenberg, dit Gutenberg, est installé à Strasbourg entre 1439 et 1444, puis à Mayence à partir de 1448. Son atelier d’imprimerie, financé par le riche bourgeois Johann Fust fut créé dans cette ville dès 1450, apparemment dans le dessein d’imprimer une Bible. À un premier caractère de gros corps, dit caractère de la Bible à 36 lignes, plusieurs fois remanié dès l’origine, Gutenberg aurait préféré un caractère plus petit et de même forme dont l’impression exigeait moins de papier.

  • Jannon Jean , 1580-1658

    Créateur d’un beau caractère dans le registre du Garamond.

    Jean Jannon, ancien de l’atelier de Robert III Estienne, à Paris, expert en gravure et en fonderie, maître imprimeur en 1606, s’installe à Sedan, à partir de 1610. Il y travaille pour le compte du prince Henri de la Tour d’Auvergne et de l’Académie protestante établie dans cette place forte réformée. Dans le spécimen de son caractère qu’il publie en 1621, il rédige une préface à destination des imprimeurs, vantant les mérites de Robert Estienne ou d’André Wechel – sans mentionner Garamont. La qualité et la finesse de ses types sont largement reconnues ; il grave notamment une police en très petit corps, devenue célèbre sous le nom de « Petite Sedanoise » ou « Sedanaise », qui constitue un tour de force en son temps. De quelle manière l’Imprimerie royale a-t-elle acquis ces caractères ? Il a longtemps été fait mention d’une saisie de leurs matrices par ordre de Richelieu sur une route normande où elles transitaient pour être livrées à un imprimeur réformé de Caen. Il semble que l’affaire ait été quelque peu romancée et que, simplement, une bonne somme fut offerte à Jannon pour qu’il les fournisse.

  • Le Bé Guillaume I, 1524-1598

    Graveur et fondeur de caractères, créateur de types orientaux.

    Apprenti chez Robert Estienne, en 1539-1540, Guillaume I Le Bé y apprend la gravure et la fonderie de caractères. Il quitte Paris pour Venise et Rome, de 1545 à 1550. De retour à Paris, il s’installe à son compte comme fondeur en 1552 et travaille notamment pour Claude Garamont. Il acquiert un grand nombre de poinçons et matrices de ce dernier, après sa mort, en 1561. Un inventaire de sa fonderie est établi en 1598 ; tous les grands noms de la gravure de caractères au XVIe siècle à Paris y figurent, d’Augereau à Granjon, de Garamont à Haultin. Cet important témoignage est accompagné d’un Album, comprenant des spécimens de caractères et des annotations manuscrites de sa main et d’un Mémorandum concernant l’histoire de la typographie, à partir de sources fournies à son fils Guillaume II et transcrites par ce dernier vers 1643. Le Bé I s’affirme comme un des principaux perpétuateurs de l’œuvre d’Estienne et de celle de Garamont. Il a notamment approvisionné la grande imprimerie de Plantin à Anvers. Bien qu’il ait conçu lui aussi d’excellents caractères romains, il est surtout connu pour ses types orientaux, dont une gamme de caractères hébraïques qui seront employés jusqu’au XVIIIe siècle.

  • Les apprentis de Claude Garamont, de 1543 à 1561

    Les apprentis de Claude Garamont (de 1543 à 1561)

    Claude Garamont prend pour apprentis le 27 août 1543 Pierre Legat, âgé de quatorze ans, fils de Jean Legat, marchand et bourgeois de Paris ; le 13 mai 1551, Anselme Le Bigot, âgé de quatorze ans, fils de Jacques Le Bigot, marchand tavernier ; le 22 septembre 1557, Jean de Preault, âgé de dix-sept, orphelin, et le 21 septembre 1558, Paterne Robelot, âgé de seize ans, fils de Loup Robelot, vigneron, pour leur apprendre le métier de fondeur de lettres. Dans son testament, il mentionne Paterne Robelot et il donne ses chausses et son pourpoint à Robert Coiffyer fondeur qui a été son apprenti.

  • Manuce Alde, vers 1450-1515

    Fondateur d’une dynastie d’imprimeurs italiens et premier homme de lettres à embrasser le métier d’imprimeur (Bassiano, près de Rome, vers 1450 – Venise, le 9 février 1515).

    Alde Manuce se fixa à Venise en 1490 et ses premières éditions sortirent au début de 1495. Il imprima « les statuts de la nouvelle académie » en 1502, dans l’idée d’associer son travail d’imprimeur à l’enseignement des langues anciennes dans une institution reconnue et sa réputation grandit avec l’essor du culture voué aux études grecques dans les universités européennes.

  • Néobar Conrad, -1540

    Imprimeur du roi pour le Grec (- Paris, 1540).

    Originaire de Kempis-Vost, diocèse de Cologne, et naturalisé avec son frère Gilles, couturier, le 17 janvier 1539, il est nommé le jour de sa naturalisation libraire-imprimeur du roi pour le grec au traitement de cent écus d’or soleil. À la fin de 1540, il meurt d’excès de travail, longo capitis comitante dolore. « Homme d’études et faisant profession de belles lettres », il est chargé de s’occuper spécialement de la typographie grecque, d’imprimer « correctement » pour le royaume « les manuscrits grecs source de toute instruction » avec un privilège de cinq ans pour les impressions de livres soit grecs soit latins et deux ans pour les réimpressions.

  • Plantin Christophe, vers 1514/1520-1589

    Libraire à Paris, puis fondateur d’une grande entreprise d’impression et d’édition à partir de 1555 à Anvers.

    Christophe Plantin, apprenti à Caen, y acquiert les bases du métier d’imprimeur et de relieur. Il exerce quelque temps la profession de libraire à Paris, mais son appartenance à une secte anabaptiste, proche de la Réforme, l’oblige à s’exiler à Anvers, en 1549. Il débute, en 1555, une entreprise d’impression et d’édition à l’enseigne du Compas d’or (Gulden Passer). Laquelle bénéficie du soutien de riches bourgeois d’Anvers et se développe grâce au talent éditorial et commercial de Plantin. Il publie aussi bien des auteurs classiques que des ouvrages de théologie, de jurisprudence ou des livres scientifiques. Ses éditions soignées bénéficient des meilleurs caractères dans de nombreuses écritures, du romain au gothique, en passant par le grec et l’hébreu. Il sait faire appel à d’excellents graveurs d’estampes pour illustrer ses ouvrages, tels Pierre Van der Borcht, les Huys ou les frères Wiericx. Ménageant des amitiés dans tous les camps, humanistes, catholiques, réformés, il bénéficie de la protection du cardinal Granvelle et de Gabriel de Cayas, secrétaire de Philippe II, roi d’Espagne. Il entreprend à partir de 1567, la Bible Polyglotte ou Bible Royale et est honoré du titre d’« architypographe » du roi, bénéficiant du monopole de l’impression des ouvrages ecclésiastiques pour le royaume d’Espagne et son empire. Son imprimerie devient un haut lieu de la contre-réforme catholique et les publications liturgiques, en tout format, sortent de ses presses par milliers. L’influence de l’imprimerie et de l’édition plantiniennes est considérable par sa force économique et l’ampleur de sa diffusion. Elle popularise les caractères garaldes et impulse leurs interprétations aux Pays-Bas ou en Angleterre.

  • Tory Geoffroy, vers 1480-1533

    Artisan du livre moderne et promoteur de la langue française (Bourges, vers 1480-Paris, 1533), « imprimeur de François Ier et graphiste avant la lettre »

    Précurseur des règles et usages de la langue française, il reçoit le soutien de François I er et devient, le premier, imprimeur du roi. D'abord éditeur humaniste, puis traducteur, libraire et imprimeur, Geoffroy Tory est aussi un artiste de talent, créateur de caractères d'imprimerie propres à la transcription du français. Graphisme, typographie, reliure et illustration mais aussi grammaire, orthographe et ponctuation, cet humaniste explore tous les domaines de l'édition, notamment à travers son œuvre la plus connue : le Champ Fleury, premier traité typographique à teneur philosophique dans lequel il conçoit des caractères à l'antique proportionnés selon le corps humain.

  • Vergèce Ange, -1569

    Calligraphe, modèle pour les poinçons des Grecs du Roi

    Calligraphe italien d’origine crétoise, Angelo Vergezio (francisé en Ange Vergèce ou « Ange Vergisson ») devient « escripvain en lectre grecque pour le Roy » et perpétue la tradition de ces copistes grecs qui, par suite de la domination vénitienne et de la surpopulation, sont obligés de quitter la Crète et d’émigrer à Venise. Dès 1539, il reçoit une pension de François Ier comme « escripvain expert en lettres grecques » ; en 1545, il figure, à ce titre, dans la liste de paiement des lecteurs royaux. Comme Grec authentique, il est très recherché des familles distinguées. Ange Vergèce fait également des copies pour des particuliers, mais il travaille surtout pour la Bibliothèque du roi. Avant de procéder à la copie, il confronte les différentes versions des manuscrits et amende le texte. Le recours à un calligraphe n'est pas rare lorsqu'il s'agit de créer ou de renouveler le stock des caractères d'un atelier ou encore d'innover pour une édition de commande. Ce fut le cas sous François Ier, grand amateur de livres. La beauté de ces caractères et l'art d'Ange Vergèce furent tels à son époque que l'expression écrire comme un ange passa, dit-on, dans le langage populaire.

  • Wechel André, 1510-1581

    Imprimeur libraire (Paris, 1510 - Francfort, 1581), exécuteur testamentaire de Claude Garamont.

    Figure notable du monde du livre parisien, il est libraire-imprimeur à Paris de 1554 à 1562, puis à Francfort où il meurt le 1er novembre 1581. En 1553, il hérite de son oncle, Chrétien Wechel, l'importante officine du Cheval volant ou du Pégase, rue Saint-Jean-de-Latran, à côté des Estienne. En 1560, il achète le fond de l'imprimerie de Henri Estienne. Exécuteur testamentaire de Claude Garamont, il fréquente particulièrement des médecins, des juristes et des professeurs du Collège royal et sa maison est de longue date une adresse connue des voyageurs allemands, flamands et anglais, protestants le plus souvent. Après 1561, ne dissimulant plus sa foi malgré sa prudence habituelle, il doit fuir Paris avec sa femme en juin 1562.