Du manuscrit à l’imprimerie typographique

L’œuvre de Garamont n’aurait pas été possible sans l’invention des caractères mobiles, la typographie, une cinquantaine d’années environ avant sa naissance. Depuis l’Antiquité, l’écriture avait évolué, façonnée par les outils et supports tels que plumes, calames, parchemins. Les premiers imprimeurs puisent dans ce riche répertoire et copient les formes graphiques héritées de ces outils. Par exemple, les pleins et déliés de l’écriture à la plume d’oie se retrouvent tels quels dans les premiers caractères typographiques. Leur trace commence à s’effacer à l’époque de Garamont, et subsiste encore aujourd’hui dans de nombreux caractères contemporains. La technique mise au point par Gutenberg et ses associés Fust et Schoeffer va permettre, par la production en série de caractères, de donner à l’écrit des formes nouvelles, qui pour la plupart nous sont encore familières aujourd’hui.

« La nouvelle technique va permettre de produire en série des caractères, de donner à l’écrit des formes nouvelles, dans un esprit de continuité plutôt que de rupture »

Pour fabriquer des caractères typographiques, on commence par graver une lettre en relief au bout d’une tige en acier, en inversant le dessin comme dans un miroir. Ensuite, ce poinçon est plongé brutalement dans de l’eau froide. Il est alors apte à être frappé dans un métal tendre (généralement du cuivre). La matrice ainsi obtenue comporte le dessin de la lettre en creux. On verse ensuite dans un moule un alliage de plomb, d’étain et d’antimoine en fusion, pour aboutir au caractère typographique à proprement parler, le type. Si ces derniers s’usent relativement rapidement, on en produira d’autres à partir des matrices. Les poinçons sont, quant à eux, précieusement conservés comme dessins originaux. Suite à cette invention, dans la seconde moitié du XVe siècle, le typographe détrône progressivement le copiste. L’ordonnancement graphique médiéval est repris, complété, amélioré, dans un esprit de continuité plutôt que de rupture.

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