Géographie du livre parisien

Libraires, imprimeurs, relieurs et fondeurs occupent des espaces bien déterminés dans la ville. Ils sont principalement installés rive gauche, dans le Quartier latin, et sur l’île de la Cité, près du Palais et du Parlement. Les libraires sont ainsi au contact immédiat de leur clientèle principalement composée de juristes, de religieux et d’étudiants.

Le Palais n’accueille aucun imprimeur, mais ses galeries abritent de nombreuses échoppes de libraires qui proposent aux avocats et aux procureurs du Parlement leurs éditions du Corpus Juris Civilis, des coutumiers, des recueils d’actes notable et d’édits royaux, etc. Les publications financées par les libraires du Palais indiquent précisément leurs adresses : ainsi en 1511 Galliot du Pré est-il installé « en la grant salle du Palais au second pilier vers la chapelle ou l’on chante la messe de messieurs les Présidens ».

Dans le Quartier latin sont installés près de six cents artisans relieurs, libraires, graveurs, fondeurs et imprimeurs.

À l’extérieur du Palais, sur l’île de la cité, les libraires sont nombreux, tels Pierre Roffet ou Guillaume Godard. Le Petit Pont, le pont Saint-Michel, le Pont-au-Change, accueillent également de nombreuses boutiques de libraires. Dans le Quartier latin, imprimeurs et libraires occupent un espace considérable. Ils sont près de six cents artisans relieurs, libraires, graveurs, fondeurs et imprimeurs installés là, les uns à côté des autres. Cette promiscuité permet aux artisans du livre de constituer un groupe social fort, soudé lié par des alliances commerciales et familiales.

Fréquentant principalement les paroisses Saint-Benoît, Saint-Étienne-du-Mont et Saint-Séverin, les libraires du Quartier latin se rencontrent aux offices. La liste des marguilliers représentant les paroissiens permet de prendre la mesure du poids de ce groupe social sur la vie du Quartier. Ainsi, en 1522, la fabrique de Saint-Benoît compte-t-elle parmi ses représentants les libraires Thielman Kerver, Jean Petit, Josse Bade, Claude Chevallon, Conrad Resch, Regnault Tarzy et Jean Eschart, soit sept des douze marguilliers de Saint-Benoît.

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