L’enseignement de la typographie à l’École d’Art et de Design de Reims

L’ESAD de Reims forme en cinq ans des designers dans les domaines de l’objet et de l’espace, et dans ceux du graphisme et des nouveaux médias. L’ambition de l’école est de former des praticiens qui sauront être au cœur de leur discipline de prédilection (l’objet, le design végétal, le culinaire, le graphisme, le design numérique… ) tout en étant capable d’en explorer les frontières, d’investir les zones de porosité avec les disciplines voisines, avec l’objectif de développer une recherche en design permettant l’émergence de projets complexes inscrits dans le monde vécu et adressés à la réalité. Pour nourrir ces pratiques – qui prennent place plus particulièrement pendant les deux dernières années du cursus, les trois premières années d’enseignement sont consacrées à l’exploration des disciplines, à l’apprentissage méthodologique et enfin, à la découverte de la notion de projet. C’est durant cette période que l’enseignement de la typographie prend place. Durant les deux premières années, l’apprentissage de la typographie permet l’acquisition d’un savoir-faire, d’une technique, d’une précision et d’une méthode de conception et de création. Au fil des exercices les étudiants développent leur sensibilité et leur écriture graphique personnelle. Afin de comprendre les usages de la typographie, d’acquérir des connaissances historiques et de percevoir les enjeux de la discipline, l’histoire des caractères et des procédés de fabrication est abordée tout au long de l’année, à travers diverses lectures et sujets éditoriaux sur des typographes.

L’ESAD de Reims forme en cinq ans des designers dans les domaines de l’objet et de l’espace, et dans ceux du graphisme et des nouveaux médias.

La notion de projet est abordée en troisième année. Elle permet une plus grande liberté d’interprétation et de création. C’est aussi l’année des premières expériences de design complexe, avec des sujets impliquant plusieurs disciplines : l’édition électronique, la signalétique, la conception d’exposition, les réseaux sociaux... sont autant de contextes qui introduisent cette complexité. Les problématiques se multiplient, les supports et les échelles se diversifient, par conséquent, la typographie est abordée et utilisée en articulation plus précise avec d’autres modes d’expression, au sein de réponses de design plus larges. En quatrième année, les étudiants designers forment un atelier unique, toutes disciplines confondues, autour d’un thème de recherche. La cinquième année est consacrée au projet personnel de diplôme, ainsi qu’au mémoire. Durant ces deux années, les étudiants définissent eux-mêmes le cahier des charges de leurs propositions et choisissent leurs modalités d’intervention et de création. La typographie est toujours présente à des degrés divers dans leur travail et participe à l’équilibre global du projet. Elle joue parfois un rôle déterminant dans les propositions. L’enjeu est ici de dépasser les cadres des pratiques académiques pour produire les situations nouvelles susceptibles d’interroger et de nourrir notre production, mais également notre rapport au monde en tant que créateurs et citoyens.