L’entrée en scène du numérique

Les technologies numériques, apparues dans le dernier quart du XXe siècle, ont généré leur lot de réinterprétations des créations de Garamont. Dans leur immense majorité, les caractères pour la composition au plomb ou pour la photocomposition ont été progressivement numérisés, tandis que de nouvelles créations sont apparues au sein des ateliers numériques. L’Adobe Garamond (1989) de Robert Slimbach, conçu à partir d’une série d’épreuves conservées au musée Plantin-Moretus à Anvers, se base sur une étude approfondie des sources historiques.

L’Adobe Garamond est conçu à partir d’une série d’épreuves conservées au musée Plantin-Moretus.

Il possède un registre très étendu, offrant non seulement les caractères latins mais également des jeux de grec et cyrillique. Si Claude Garamont a effectivement gravé des caractères grecs, les cyrilliques sont librement inspirés du modèle latin. Ce Garamond de très haute tenue est probablement le plus utilisé aujourd’hui (ne serait que parce qu’il est offert avec les logiciels Adobe). Il est complété, en 2005, par le Garamond Premier (rebaptisé par la suite Garamond Premier Pro dans sa version OpenType). Plus « rugueux» et libre dans son dessin, il dispose en outre de plusieurs « graisses» adaptées à différents usages : Caption (notes de bas de page), Text (texte courant), Subhead (titrages), Display (très grands corps). Le dessin noir, large, simple et robuste des petits corps s’affine progressivement jusqu’à l’élégant Display, étroit, raffiné, contrasté, finement ciselé.

Parmi les premiers Garamond « purement numériques», on peut également citer l’Augereau, baptisé en mémoire du « maître » de Garamond, Antoine Augereau. Dessiné entre 1989 et 1997 par George Abrams, c’est un caractère ample et régulier doté d’un sage italique.

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