La carrière d’un graveur de lettres

La date de 1510 donnée jusqu’ici pour l’apprentissage de Claude Garamont chez Antoine Augereau est plus probablement celle de sa naissance. Les premiers travaux dus au burin de Claude Garamont sont aujourd’hui datés des années 1530 : c’est notamment dans les années 1532-1533 qu’il s’inspira des caractères gravés par Francesco Griffo pour l’impression par Alde Manuce du De Aetna du jeune humaniste Pietro Bembo en 1495. D’après les dernières recherches, Garamont ne semble plus avoir été l’élève de Geoffroy Tory, mais bien davantage celui d’Antoine Augereau.

D’après certaines sources qui restent à confirmer, Claude Garamont aurait travaillé chez Claude Chevallon puis chez sa veuve, Charlotte Guillard, après la mort de Claude Chevallon en 1537. Après des années comme apprenti et compagnon, il devient maître en 1538.

« Je retirais vraiment peu de profit de mon travail qui est de sculpter et de fondre les types de lettres (...) Ceux qui savent seulement tailler les lettres ne progressent guère (...) Ils construisent le nid des libraires, ils leur apportent leur miel. »

En 1543, Claude Garamont quitte son atelier de la rue Saint-Jacques pour la rue des Augustins, à proximité de son beau-frère, l’imprimeur Pierre Gaultier. De 1543 à 1550, il y grave trois corps et, après 1543, Jean de Gagny, premier aumônier de François Ier, l’encourage à graver de nouvelles lettres italiques selon le modèle donné par Alde Manuce à Venise. Fournisseur de Robert Estienne, il compte également parmi ses clients André Wechel, imprimeur libraire parisien, et Christophe Plantin qui passe commande en 1556, ainsi que d’autres libraires ou imprimeurs : Mathurin Du Puys en 1541 ; Etienne Mesvière en 1543 et Denis Du Vau avant 1556 à Paris.

À la fin de la décennie 1540, un cicero romain gravé de la main de Claude Garamont est utilisé par Conrad Neobar, premier imprimeur du roi pour le grec. Ayant déménagé à plusieurs reprises, il installe en 1550 son propre atelier de gravure et de fonte de caractères, pour la première fois séparé d’une imprimerie proprement dite, rue des Carmes à l’enseigne de la Boule, et produit pour Robert Ier Estienne, imprimeur du roi, de très beaux caractères de différents corps (Gros Canon 40-44 ; Saint-Augustin 12-13) qui seront utilisés pour la composition de livres religieux.

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