La politique culturelle de François Ier

Dès la fin des années 1510, quelques hommes de lettres proches de la cour, tels Guillaume Budé, Guillaume Cop, ou les évêques Étienne Poncher et Guillaume Petit, suggèrent à François Ier la création d’un collège de lecteurs royaux dans lequel on enseignerait à la fois le latin, le grec et l’hébreu.

La fondation d’un tel établissement est perçue comme un défi lancé à l’Université, qui refuse encore d’instituer en son sein des cours de grec et d’hébreu susceptibles d’encourager une lecture et une interprétation personnelle du texte biblique.

La fondation du Collège des lecteurs royaux témoigne d’une véritable politique culturelle.

Ce n’est qu’en 1530 que sont désignés les quatre premiers lecteurs royaux Pierre Danès et Jacques Toussain pour le grec, Agathe Guidacerius et François Vatable pour l’hébreu. Le Collège – ancêtre immédiat de notre Collège de France – devient ainsi une véritable pépinière d’humanistes indépendante de l’Université. Il ne faut toutefois pas surestimer le soutien dont bénéficie l’institution : dépourvu de locaux, le Collège est itinérant ; les lecteurs sont théoriquement payés, mais le trésor royal met souvent plusieurs mois à verser les gages des maîtres.

La fondation du Collège des lecteurs royaux témoigne d’une véritable institutionnalisation de la culture. Ce processus concerne également la typographie. Dès 1531, un premier office d’« imprimeur du roi » est créé. C’est Geoffroy Tory qui en bénéficie initialement. En 1539, cet office est restreint aux seules impressions en langue française. En effet, à cette date, François Ier décide d’instituer une charge d’imprimeur du roi pour le grec. L’imprimeur désigné bénéficie de gages importants (cent écus au soleil par an) et de la protection du souverain : chacune de ses publications est protégée d’un privilège pour cinq ans. Conrad Néobar est le premier nommé, mais il meurt dans l’année 1540 et se voit remplacé par Robert Estienne. Pierre Duchâtel passe commande à Claude Garamont de trois corps de caractères grecs cursifs destinés à l’usage exclusif des imprimeurs du roi.

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