Le papier vélin

Avec le Romain du Roi s’était vérifiée une tendance amorcée à l’époque de Garamont, vers des caractères plus légers, raffinés, graciles. Les rugueux types des premiers temps de l’imprimerie laissent progressivement place à des caractères plus fins. En Grande-Bretagne, John Baskerville (1706-1775) met au point une méthode de satinage des feuilles imprimées afin de supprimer le foulage. Il introduit également dès 1757 le premier papier vélin qu’il fait fabriquer par la maison Whatman pour une édition de Virgile.

« Papier vélin et satinage mettent en valeur la finesse des nouveaux caractères, au détriment de la souplesse chaleureuse du Garamond »

Ce nouveau papier, nettement moins rugueux que les papiers traditionnels, plus lisse, met en valeur la finesse des caractères qu’il produit et utilise. Le caractère Baskerville s’insère dans la mouvance esthétique amorcée avec le Romain du Roi, et qui atteindra son apogée avec les travaux de Bodoni à Parme et de la famille Didot à Paris, dans lesquels les déliés sont devenus des lignes d’une finesse extrême, dont le fort contraste avec les pleins est certes élégant, mais d’un raffinement austère, rationnel et géométrique. Les rondeurs chaleureuses et souples des caractères de la Renaissance cèdent le pas à un style typographique plus sec, plus strict, qui régnera sans partage sur l’imprimé du début du XIXe siècle, renvoyant Garamont au rang des vieilleries désuètes.

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