Les Elzevir et Christoffel Van Dijck

L’ascendant que prend la typographie hollandaise au XVIIe siècle est lié à un essor économique sans précédent et à une ouverture au monde singulière puisque les Hollandais alors s’imposent sur les mers tandis que leurs imprimés se répandent dans toute l’Europe. Une famille d’imprimeurs notamment, les Elzevir, domine le siècle par la qualité et la diversité de ses productions. Les Elzevir emploient certes du Garamond, dans la lignée de Plantin, mais font de plus en plus appel à une production hollandaise très riche et se singularisant, dont le créateur emblématique est Christoffel Van Dijck (1605-1670 v.). L’appellation de « types hollandais » à propos des réalisations de Van Dyck ou de ses confrères Bartholomeaeus et Dirk Voskens se popularise.

Les « types hollandais » s’inspirent toujours du Garamond mais annoncent des formes qui se démarquent de la Renaissance.

Non pas que ceux-ci rompent avec la forme désormais séculaire des garaldes, mais bien parce que les perfectionnements que ces graveurs apportent au style Garamond et la variété qu’ils en proposent constituent un modèle d’excellence. Les imprimeurs et fondeurs anglais, notamment, recherchent et s’inspirent des caractères en provenance de Hollande et, en premier lieu, ceux de Van Dijck. Comparé au Garamond, le romain de Van Dijck tend à s’affiner, ses déliés sont plus souples, ses contrastes plus prononcés, et ses empattements nettement triangulaires plus légers. L’axe de la lettre se redresse et celle-ci paraît presque droite. Le caractère, plus géométrique, s’éloigne des sources calligraphiques. Pour favoriser la lecture en petits corps, spécialité des Elzevir qui réalisent des prouesses en matière de livres de petit format, les bas de casse sont relativement étroits et compacts, ce qui permet la composition d’un plus grand volume de texte dans la page, sans perte de lisibilité. Les « types hollandais » s’inspirent toujours fortement de Garamond mais annoncent le changement qui s’opère au siècle suivant avec l’apparition d’une nouvelle famille de caractères, les « réales », qui se démarqueront des formes de la Renaissance.

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