Papetiers, graveurs, fondeurs à Paris

Les fournisseurs de matières premières, papetiers et fondeurs, constituent le premier maillon de la chaîne du livre. Les achats de papiers représentent l’essentiel des frais engagés par une imprimerie. Du fait de leurs besoins spécifiques, les imprimeurs commandent souvent la fabrication du papier nécessaire à la réalisation d’une édition.

Même si l’on en rencontre quelques-uns sur les bords de la Bièvre, les papetiers restent peu nombreux à Paris. La plupart des imprimeurs parisiens se fournissent plus loin, à Troyes surtout, mais également à Coulommiers, Corbeil, ou Étampes. Quelques libraires font office de grossistes : Guillaume Godard approvisionne ainsi nombre de ses confrères, tels Oudin Petit, Ambroise Giraud, Yolande Bonhomme, Jean Loys ou Charlotte Guillard.

Tributaire de l’imprimeur, le fondeur est généralement pauvre et sa situation précaire.

Outre le papier, les imprimeurs ont régulièrement besoin de nouveaux caractères. Les graveurs de poinçons, comme Garamont, sont peu nombreux à se consacrer entièrement aux lettres d’imprimerie. Si certains se font aussi fondeurs ou imprimeurs, la plupart exercent d’autres activités liées au travail du métal. Ainsi, Philippe Danfrie exerce-t-il tour à tour les métiers de canonnier du Roi, graveur de planches mathématiques, fabriquant de fers de reliures et graveur de monnaies.

Les fondeurs sont plus nombreux. Ils possèdent parfois leurs propres collections de matrices, mais peuvent également travailler avec des matériels prêtés par les imprimeurs. Ces derniers leur fournissent aussi la matière première en recyclant leurs vieilles lettres usées. Tributaire de l’imprimeur, le fondeur est généralement pauvre et sa situation précaire.

Il est souvent hébergé par un libraire, comme Jean de La Roche, qui emploie Pierre Le Fèvre en 1544 pour « entretenir de lettres ses deux presses, besognant en sa maison toutes et quantes fois qu’il lui plaira ». Pour échapper à la précarité, les fondeurs se font souvent imprimeurs eux-mêmes, comme Jacques Marc, chez qui on trouve après sa mort en 1564 deux presses à imprimer. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les petits fondeurs tendent à disparaître à Paris, concurrencés par quelques entreprises, peu nombreuses mais plus puissantes, qui approvisionnent les imprimeries de toute l’Europe. C’est le cas de la fonderie de Christophe Plantin à Anvers, puis de celle de Guillaume Le Bé à Paris.

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