Redécouverte de l’Imprimerie nationale

Pour l’Exposition universelle de 1900, l’Imprimerie nationale fait regraver par Jules Hénaffe un caractère retrouvé dans son fonds et qui semble correspondre au Garamond d’origine. De splendides ouvrages qui sortent de ses presses en sont pourvus, dont l’Histoire de l’Imprimerie XVe-XVIe siècle d’Anatole Claudin. Dans sa préface, Arthur Christian, directeur de l’Imprimerie nationale, indique : « Des caractères anciens, mais de fonte neuve, ont été choisis ; ils ont l’inappréciable avantage d’être absolument conformes aux anciennes fontes, l’Imprimerie nationale conservant toujours les poinçons et les matrices des caractères gravés pour son usage particulier. Le type général de ces caractères diffère peu de celui des fontes dessinées par Garamond sous François Ier. »

En 1900, l’Imprimerie nationale fait regraver un caractère retrouvé dans son fonds qui semble correspondre au Garamond d’origine.

En 1914, Jean Paillard, auteur d’une étude sur Garamond, veut la soumettre à Arthur Christian, mais selon son frère « [le] directeur de l’Imprimerie nationale (…) refusa de le recevoir, estimant qu’on n’avait rien à lui apprendre sur Garamont ». Paillard indique clairement dans son opuscule que la seule certitude concernant le début de la pratique de Claude Garamont se trouve dans l’engagement pris par l’administration royale de lui confier la gravure des Grecs du Roi, en 1540. Avant, rien n’assure que Garamont ait contribué à l’apparition des « types d’Estienne », vers 1530-1532. Force est de constater que le directeur de l’Imprimerie nationale alors puise plutôt ses certitudes dans la coutume que dans la recherche historique. Outre le manque de connaissances sur l’œuvre de Claude Garamont, ses initiatives de recréation de caractères le conduisent à attribuer à ce dernier des types qui sont pour l’essentiel ceux de Jean Jannon, soit des interprétations tardives, vers 1620, du romain d’origine. Cette erreur sera corrigée tardivement. Entre temps, de nombreuses fonderies de caractères s’appuieront sur le modèle de l’Imprimerie nationale comme source du Garamond.

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